| Les diamants et autres pierres précieuses (rubis, saphirs, émeraudes) ainsi que les pierres de couleur ont longtemps été estimés pour la beauté qu'ils apportent aux bijoux. Au cours de ces dernières années, de plus en plus de gens prennent enfin conscience de l’horreur qui se cache derrière certaines des pierres les plus précieuses au monde.
L’exploitation minière compte parmi les activités les plus polluantes au monde. L'exploitation des mines de pierres gemmes est une activité extrêmement destructrice pour l’environnement. C’est également un métier dangereux, y compris pour la santé des ouvriers et des communautés. Les mineurs de diamant travaillent souvent dans de mauvaises conditions, à l'étroit et sans grande sécurité dans les tunnels. La poussière des mines est à l’origine de nombreuses maladies respiratoires chez les ouvriers et les résidents des communautés voisines. L'exploitation des pierres gemmes colorées, telles que rubis et émeraudes et autres pierres fines, est généralement faite sur une échelle plus petite que l'exploitation du diamant, mais comporte tout autant de risques. Selon l'Organisation Internationale du Travail (l'OIT), de nombreuses mines artisanales n’ont pas les moyens d’investir dans les outils et équipements qui pourraient permettre d’éviter les accidents. Par ailleurs, l'exploitation implique le déplacement de grandes quantités de terre, avec pour conséquence un réel impact sur les écosystèmes. Et, bien que de nombreux pays aient promulgué des lois sur l’âge minimum requis pour les ouvriers exerçant des métiers dangereux, l'OIT a relevé un pourcentage important d’enfants dans les mines.
Le travail des enfants pose un grave problème de manière générale puisqu’on estime à au moins 120 millions le nombre d'enfants de 5 à 14 ans travaillant notamment dans les pays d’Asie, Afrique et Amérique Latine. Ce problème concerne l’exploitation minière mais également la taille et le polissage des pierres précieuses, en particulier en Asie ; toujours selon l'OIT, l'Inde à elle seule représente 70 % (en poids) du marché du polissage des diamants. Dans ses livres (Blood Stained Diamonds etc), Janine Roberts rapporte : le « travail des enfants est illégal en Inde, mais cette loi est ignorée. Leurs jeunes yeux sont particulièrement prisés par les commerçants indiens du diamant. »
La douleur humaine engendrée par la production et la taille des gemmes se poursuit dans de trop nombreux pays (Angola, République démocratique du Congo, Libéria, Sierra Leone entre autres) : en effet, les bénéfices des ventes de diamant permettent encore des achats massifs d'armes destinés à des groupes armés qui bafouent les droits de l'homme.
DIAMANTS ET PIERRES DE GUERRE
L’ONG Global Witness a été la première à attirer l’attention internationale sur la question des « diamants de guerre» finançant et prolongeant de violents conflits en 1998. Aux côtés de Physicians for Human Rights et d'autres groupes, ils ont alerté la conscience des consommateurs sur ces diamants de guerre et ont invité les négociants à cesser d’acheter des pierres dans des pays où les ventes de diamant sont utilisées pour financer les conflits armés. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a officiellement identifié le rôle des diamants de guerre dans quelques pays, et a alors invité l'industrie du diamant à développer un système de traçabilité global pour établir l’origine des pierres. Les membres de l'industrie diamantifère ont commencé à se réunir sur cette question en 1999, et en 2002, l'industrie a lancé le processus de certification de Kimberley. Le processus de Kimberley, qui est entré en vigueur en janvier de 2003, exige des pays exportateur de diamants qu’ils soient identifiés avec des certificats garantissant l’origine des pierres. Les pays destinataires doivent certifier que les expéditions n’ont subi aucune manipulation. Seul les pays appartenant au processus de Kimberley peuvent légalement exercer le commerce des diamants bruts. Plusieurs groupes de droits de l'homme ont reconnu le processus de Kimberley comme une étape non suffisante mais nécessaire tout en critiquant le manque de surveillance et de vérification. Les groupes tels que Global Witness et Amnesty International continuent de faire pression sur l'industrie du diamant pour ajouter des procédures d’audit et de contrôle sans lesquels cette initiative n’apporte aucune garantie réelle. |